Opéra-Comique.                              199
de la Comédie-Italienne à l'Opéra-Comique ayant lieu, on y trouveroit ce fpcctacle, mais épuré de tout ce qu'il a de dangereux pour l'efprit et pour le cœur, et les auteurs attachés à ce genre épureroient eux-mêmes leur ftyle. La Comédie-Italienne fe chargeroit des frais de cette réunion que l'on croit également avantageufe à l'Opéra et à la Comédie-Françoife, dans l'cfpérance qu'il plaira au_ Roi de fupprimer le quart des pauvres, fans quoi il feroit impoflible â Ia Comédie-Italienne de joindre aux dettes dont elle eft accablée, de nouveaux engagemens indifpenfables pour l'exécution d'un pareil projet. « En Supprimant le quart des pauvres, Ia Comédie-Italienne ne paiera rien à l'Opéra pour fon privilège, l'Opéra étant fuffifamment dédommagé par cette réunion, la Comédie-Françoife jouira dc la grâce en entier. On ajoute à cela que cette réunion produiroit un autre avantage qui feul pourroit déterminer : ce feroit d'offrir quelquefois aux regards du Roi ct de la cour, ces fortes dc fpcctacles bien épurés, ce qui fe feroit fans embarras et fans dépenfes extraordinaires.............» .
{Rég- du Minhlèrc de la Mahon du Roi, O1, 851.)
V
Mémoire aux premiers gentilshommes de la Chambre par les Comédiens Italiens, avant leur réunion à V Opéra-Comique.
Le tort que l'Opéra-Comique fait suffi bien à l'Académie royale de mu­fique qu'aux fpcctacles françois et italiens, s'eft accru au point qu'au premier foupçon de la réunion que l'on propofe, ils ont été tous trois prefque déferts. On peut dire, fans.crainte d'étre démenti, qu'en donnant leurs plus belles pièces par les meilleurs acteurs, ils ne retiroient pas tous leurs frais, tandis que, à cet autre fpectacle, on étouffent dans la foule des fpectateurs trois heures avant le commencement des pièces et que ce délire, ce goût de fri­volités et d'équivoques a gagné jufqu'aux auteurs. Qu'on cômpulfe les re-giftres de caiffe des trois fpectacles qui fouffrent et tirent à leur fin, on en trouvera la recette diminuée confidérablement depuis le rétabliffement de l'Opéra-Comique, malgré les dépenfes immenfes que les acteurs ont faites pour en empêcher la chute. Qu'on compare en même tems les pièces données avant le rétabliffement de ce quatrième fpectacle par les auteurs aux trois autres fpectacles, avec les tragédies et comédies qu'ils ont préfentées après ce nouvel établiffement, la différence fera énorme par rapport au nombre et au mérite des unes et des autres et pour le moins auffi confidérable à l'Opéra qu'aux Comédies-Françoife et Italienne. C eft pourquoi on croit pouvoir fe flatter que les directeurs de l'Académie royale de mufique ne s'oppoferont pas, pour l'appât d'une indemnité qu'ils ont perdue au centuple, aux difpo-